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Groupe Management social -
71 rue du Faubourg St. Antoine -
75011 Paris -
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Fax : 01 44 52 02 84 -
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Perspective mondiale, contrainte locales :
Cet ensemble de données sera en effet traité en fonction de grilles
d'analyses standard qui sont celles, en gros, que
diffusent les programmes de formation au management d'origine
américaine et les méthodes d'intervention des
cabinets de consulting américains. La connaissance des
particularités liées à la culture, à
l'histoire ou aux traditions sociales de chacun des pays
d'implantation possibles en est pratiquement absente.
L'existence d'obligations juridiques ou d'un contre-pouvoir syndical influent
est perçu uniquement en termes de contraintes. Dans
certains cas, elles ne sont pas prises en considération ; dans
certains cas, elles le sont en termes uniquement juridiques.
Une fois prise la décision de s'implanter (éventuellement
par rachat d'une entreprise déjà existante ou sous
forme d'une joint-venture), ce sera au management local de se
débrouiller avec les relations sociales. Souvent, il devra
le faire dans le cadre de principes rigoureusement définis
au niveau central (charte éthique,
corporate way, etc.) ; ces principes, est-il besoin de le
préciser, ne sont pas nécessairement bien
adaptés au contexte local et les contradictions ou les
réactions qui en résultent peuvent constituer une
source de difficultés.
Le management local pourra être
constitué d'expatriés et de personnel local ; les
expatriés ne connaissent pas toujours bien (c'est un
euphémisme) le contexte dans lequel ils devront travailler
: ils ignorent les habitudes comportementales, le contexte
institutionnel, souvent même la langue, et se
révèlent incapables d'interpréter correctement
les signaux qui leur parviennent ; le pouvoir
économique qu'ils exercent les conduit parfois à se
montrer arrogants et à faire étalage de ce qu'ils
croient être la supériorité intellectuelle des
convictions qui les animent en s'abstenant de tout effort en vue de
mieux comprendre le contexte humain dans lequel ils doivent
opérer ; par contre, ils peuvent être conduits
à déléguer à des managers d'origine
locale sans être capables de s'aviser en temps utile des
dérives résultant parfois de l'incompétence,
voire de la malhonnêteté de ces derniers.
Quoi qu'il en soit, il est clair que les relations
sociales se réduisent alors à une affaire purement
locale, pays par pays, et qu'elles doivent être
traitées dans le cadre de préoccupations manageriales
plus générales. Le Directeur des relations sociales
doit gérer au mieux les contraintes auxquelles il se trouve
confronté, mais il est rare qu'il puisse se faire entendre
à un niveau véritablement stratégique. Or, mon
expérience en tant que consultant pour le compte de filiales
d'entreprises étrangères en France
(américaines, japonaises, voire même originaires d'un
autre pays de l'UE) montre que cette approche peut
générer des dysfonctionnements extrêmement
coûteux pour l'entreprise.
L'absence d'une prise en compte des relations sociales :
L'expérience montre en effet que cet éloignement des
centres de décision stratégiques et leur focalisation
sur des pratiques et des procédures étrangères
à la culture des pays d'implantation peuvent donner lieu
à des dysfonctionnements, souvent fondés sur
l'ignorance de leurs conditions d'application, et qui vont de la
plus pittoresque à la plus dramatique. C'est ainsi que
certaines entreprises américaines ont pour principe
no union, comme si la politique qu'elles s'efforcent de
mener aux Etats-Unis était possible dans un pays comme la
France. Ou encore, c'est un manager du siège qui donne un
délai d'un mois à la filiale française pour
fermer une unité de production et licencier le personnel qui
y travaillait. Ou encore, c'est l'annonce, par un message
électronique diffusé à destination des
salariés qu'elle emploie dans le monde entier, que la
compagnie procédera à une restructuration qui se
traduira par une baisse de 10 % des effectifs dans chacune de ses
unités de production. Les conséquences d'une telle
rigidité de fonctionnement (ce qui est bon aux USA
vaut nécessairement pour le reste du monde) sont en
particulier les suivantes :
A leur décharge, on observera que les
représentants du personnel, en France, ne donnent pas
nécessairement toujours l'image du plus grand sérieux
et que leur degré de prise en compte des
réalités internationales, malgré de nettes
améliorations là où existe un comité
d'entreprise européen, reste souvent très sommaire.
Ce qui apparaît ainsi, c'est l'existence de deux faisceaux de
préoccupations qui ne se rencontrent pas :
L'absence d'adaptation aux réalités locales :
Ce que ne voit pas le manager international, c'est le
coût socal potentiel tel qu'il résulte de son absence
de prise en considération des réalités locales
; ce coût social est susceptible de se faire sentir de trois
façons différentes :
Sur le court terme, le manager, enfermé dans la problématique qui
l'anime, peut faire comme si les réactions du personnel ne
comptaient pas. Mais un tel choix, ou une telle négligence,
peut se révéler calamiteuse sur le long terme. Les
actions qu'il faudra alors mener afin de redresser la situation
seront alors beaucoup plus lourdes et coûteuses que si le
problème avait été pris en
considération dès l'origine. Tout le problème,
pour le DRH, est alors de convaincre des équipes de
direction pour lesquelles, quoi qu'elles disent, le
développement durable de l'entreprise n'est pas
nécessairement la priorité.
Hubert Landier
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